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I Love Belgium... and you?

NoBlush







 

Jeudi 23 octobre 2008
Le 4 novembre est une grande date de façon générale, c'est mon anniversaire! Pourtant, cette année, ce sera aussi autre chose: les présidentielles américaines. Il faut probablement venir de mars pour ne pas savoir que le candidat républicain s'appelle John McCain et que le candidat démocrate est Barack Obama. Mais comment ça fonctionne, qui, quoi, quand, pourquoi?
Eclairages.

Comment ça marche?
Aux Etats-Unis, le peuple n'élit pas directement son président pour les 4 années à venir. En effet, il s'agit d'un suffrage universel indirect: les citoyens américains votent pour un groupe de grands électeurs réunis au sein d'un Collège électoral. C'est ce Collège qui doit élire, en décembre, le président et le vice-président. Il compte 538 membres. Il faut donc 270 grands électeurs (majorité absolue) pour être élu président. Il y a, par Etat, autant de grands électeurs que de sénateurs et de représentants qui représentent cet Etat au Congrès. Leur mode de désignation varie d'un Etat à l'autre. Mais on peut remarquer qu'ils sont souvent choisis parmi les élus locaux, les dirigeants du parti démocrate et républicain et des personnes proches du candidat à la présidence. C'est lors des Conventions politiques d'Etats que les partis politiques nomment leurs grands électeurs.





Mais avant d'en arriver là, de nombreuses étapes doivent être franchies. Ainsi, le premier évènement est le choix des délégués qui s'effectuent pendant les 6 premiers mois de l'année des présidentielles au cours des conventions locales. Il s'agit soit de "Caucus", soit d'élections primaires qui est un mode plus direct et plus répandu.
Les délégués doivent représenter leur Etat à la convention nationale de leur parti. Le nombre de délégué dans chaque Etat est proportionnel à sa population.

Les Conventions Nationales des Démocrates et des Républicains ont pour but principal d'approuver le programme politique du parti. C'est également à cette occasion que les délégués acceptent le choix du candidat et de son colistier.
C'est après que la campagne, à proprement parlé, se met en marche et que (tous) les coups sont permis...

Qui est qui?
A ma gauche, Barack Obama le noir démocrate qui vise le changement d'une société au bord du gouffre, à ma droite John McCain le vieux républicain conservateur au possible.

On a beau en parler à peu près tous les jours, leur programme pour gérer au mieux la plus grande puissance occidentale reste plus opaque...

Dans les grandes lignes, Obama est opposé à l'invasion de l'Irak et veut terminer la guerre. Il préfère en effet concentrer ses efforts sur la lutte contre Al-Qaida et les talibans en Afghanistan. McCain, par contre, soutient l'invasion et veut envoyer davantage de troupes.

En ce qui concerne la position à adopter au sujet de l'Iran, le démocrate veut renforcer les sanctions pour empêcher l'acquisition de l'arme nucléaire. Le républicain veut quant à lui créer une alliance avec l'Europe pour empêcher l'acquisition de cette même arme.

Enfin, au rayon des autres priorités, Barack Obama veut stopper la prolifération des armes de destruction massive et doubler l'aide aux pays pauvres. Il est prêt à mener directement des discussions avec les dirigeants de pays comme la Syrie, Cuba ou le Venezuela mais pas avec des organisations extrémistes comme le Hamas ou le Hezbollah tant qu'elles n'auront pas reconnu Israël. Enfin, il veut fermer la prison de Guantanamo et est contre toute torture. John McCain veut à ce sujet gagner la guerre contre les extrémistes islamistes. Cependant, la fermeture de la prison de Guantanamo, l'opposition à la torture et l'appel à l'isolement du Hamas, du Hezbollah et de la Syrie font également partie de son programme.

Sinon, en matière de politique intérieure américano-américaine, Obama est favorable à l'interdiction des armes, McCain y est défavorable. Obama est pour l'avortement, là ou McCain est contre (sauf en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la mère). Ils restent par contre tous deux favorables à la peine de mort, même si certaines nuances se dessinent  entre eux.
Pour rester dans la caricature, le républicain conservateur est évidemment contre le mariage gay, puisque, selon lui, le mariage est l'union entre un homme et une femme.

Au niveau de la politique en matière de santé, les différences se font nettement sentir, puisqu'Obama tend vers un système de sécurité sociale en prônant une couverture maladie universelle. McCain souhaite quant à lui ouvrir le marché de l'assurance-maladie via un crédit d'impôt.

Répercussion d'un krach et autres petites déconvenues
Et puis vint la crise financière et les cartes se sont naturellement redistribuées. En effet, étant donné l'impopularité de l'actuel président W. et la nature particulière de la crise qui sanctionne la politique économique du clan républicain, les citoyens américains ont eu vite fait de faire l'association avec McCain. Ce sont donc les mesures républicaines d'assouplissement de la réglementation du secteur des services financiers et leurs défendeurs qui sont aujourd'hui montrés du doigt et qui font les choux gras de la campagne démocrate.

Un autre point qui a également joué en faveur d'Obama, c'est la façon déstructurée avec laquelle McCain a géré la nouvelle de la crise. Selon une analyse du New York Times, traduite dans le Courrier international n° 935 (p. 24): "La semaine dernière, en se colletant avec le plan de sauvetage de l'économie de 700 milliards, John McCain a fait du pur McCain et Barack Obama du pur Obama. Le premier s'est montré tour à tour réactif et impulsif, tandis que le second est apparu mesuré, cérébral et enclin à passer des coups de fil en coulisse".

Enfin, alors que le démocrate propose de nombreuses idées pour brider la crise (entre autres permettre aux citoyens de retirer de l'argent en principe consacré à leur plan d'épargne sans pénalité jusque fin 2009, créer un fonds fédéral spécial chargé de financer les collectivités locales, les Etats et les municipalités qui feront face à des réductions d'impôts et reporter de 90 jours les saisies immobilières pour les familles de bonne foi), McCain se fait fort, quant à lui, d'une pléthore de réductions d'impôt. Toutefois, comment financer ces cadeaux fiscaux, il n'en parle pas...

Retombées de pluies acides...
Une chose est sûre les deux candidats veulent se démarquer de la mauvaise image que colporte les USA en dehors de ses frontières depuis 8 ans... En même temps, en matière de relation avec l'ONU et l'Union européenne, de climat et de négociations à l'OMC, on peut difficilement faire pire que le cowboy du Texas...

Dès lors, d'un point de vue relations commerciales internationales, même si le républicain est plus porté sur le libre-échange, l'image d'Obama est meilleure, notamment en Europe. Ce seul fait pourrait donc encourager investissements et autres relations amicales. Sur ce point, Obama s'est d'ailleurs déjà engagé à bâtir de "nouveaux ponts" avec l'Europe, ce qui est plutôt de bon augure.

Un autre point important sur le plan international est la politique américaine en matière de climat et d'énergie. A ce sujet, même si les deux candidats sont prêts à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le programme de Barack Obama est plus ambitieux et prévoit par ailleurs un plan national de développement du renouvelable.

Bon allez, assez de blabla, rendez-vous le 4 novembre pour voir l'issue du combat entre l'âne (mascotte des démocrates) et l'éléphant (mascotte des républicains).


(Credit photo: pedagogie.ac-toulouse.fr)

par NoBlush publié dans : la tectonique des plaques
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Mercredi 22 octobre 2008

Le chaînon manquant dans cette grande farandole, c'est probablement la question que tout le monde se pose: qu'est-ce qu'il va se passer maintenant?

C'est sûr que personne n'a une boule de cristal histoire de prédire l'avenir. Pourtant, contrairement à la pub Orange, je pense qu'on peut affirmer que le future n'est pas des masses bright... Même si commencer à paniquer ne servirait franchement à rien!

Par contre, au-delà des évènements aléatoires sur lesquels personne n'a de prise (sauf peut-être la main invisible du marché...), on peut déjà parler des premières mesures prises par les gouvernements... pour le futur...


L'économie réelle est touchée
On a beaucoup parlé de l'économie réelle ces derniers temps. Qu'est-ce que c'est? Simplement l'économie que nous connaissons au jour le jour: aller au supermarché et remplir son caddy, aller bosser, mettre de l'agent sur son compte, etc

Dire donc que l'économie réelle est touchée, c'est dire qu'on va morfler pendant quelques temps. On va vers un ralentissement de l'économie qui pourra s'étaler sur 5-10 ans, le temps pour cette même économie de s'adapter aux nouvelles conditions qu'elle rencontre. Plus de chômage, moins évident de remplir le panier à provisions, etc. on va nécessairement y passer. Pourtant, selon les biens pensants, on ne va pas vers une crise économique (Bruno Colmant, Président de la Bourse de Bruxelles), ni vers une période de récession (Bernard Clerfayt, Secrétaire d'Etat adjoint au ministre des Finances). Mais ce ne sont là que des mots...

A qui profite le crime?
Ce serait tellement simple de pouvoir raisonner en ces termes... On désigne les coupables et on les jette en prison... (ou on les lapide, c'est selon...)

Bien sûr on peut entrer dans des discours qui beuglent à tout qui veut l'entendre que ce sont les "gros patrons"  des banques qui s'en mettent plein les poches sur le dos des petits épargnants. Oui, on pourrait.

Là-dessus, tout d'abord, on essaie quand même de bien se rappeler qu'épargner dans des actions, même celles du bon père de famille comme des actions Fortis (par exemple, n'est-ce pas...), c'est épargner dans du capital à risque. Le petit épargnant qui a vraiment envie de placer son argent sans risque, achète des obligations, point barre. Mais oui, c'est sûr, ça rapporte moins...

Deuxièmement, où va l'argent? Où vont tous ces milliards qu'on injecte à tire larigot dans l'économie mondiale?


Si on prend les 700 milliards de dollars du Plan Paulson aux Etats-Unis, ils sont destinés à restaurer, en 3 phases, les bilans de l'ensemble des établissements financiers. Le Trésor américain veut en effet débarrasser les banques de leurs actifs pourris qui sont à l'origine de la crise, afin de restaurer la confiance dans le système financier. En échange il reçoit des titres de propriété dans les banques aidées. Une fois les institutions bancaires en meilleure santé, le Trésor touchera les bénéfices ou revendra à profit ses titres.

Pour faire face à cette même crise, c'est un montant de 1700 milliards d'euros que les pays de l'Union européenne veulent injecter dans l'économie. Cette somme c'est le total des plans nationaux de sauvetage des banques européennes. Ce plan de sauvetage d'action concertée veut garantir les crédits interbancaires pour une période temporaire. Il veut aussi empêcher les faillites des institutions financières en procédant à des recapitalisations. Dans la majorité des cas, ces fonds seront financés par l'émission de nouveaux emprunts d'Etat.

Y a 100 grammes de plus, je vous les mets?
D'autres mesures techniques, mais concrètes ont déjà été prises (reclassement d'actifs, relevé des positions sur instruments financiers et garantie d'Etat pour les banques "sysémiques" en difficulté) en Belgique. Ces mesures, plutôt que de résorber la situation actuelle visent plutôt à éviter toute aggravation et toute cata future...


(Crédit photo: lesoir.be)

 

Fin...
ou pas...


EDIT: Suite aux négociations européennes, Paulson a fait marche arrière au sujet de son plan. Il prévoit désormais, non plus de racheter les actifs pourris, mais d'acheter une partie du capital des banques.






par NoBlush publié dans : la tectonique des plaques
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Mercredi 8 octobre 2008
Les banques sont donc tombées à court de liquidités. OK, mais il s'agit là de banques américaines.
Alors, comment la crise a-t-elle frayé son chemin jusqu'ici? D'autant plus qu'en Belgique, en tout cas, la séparation des banques d'investissement et des banques de dépôts privés existe toujours (art.
77  de la loi du 6 avril 1995 relative au statut et au contrôle des établissements de crédit). Si le cas Fortis ne s'explique pas que par la crise, le cas Dexia en est par contre une illustration. Le voici, le voilà!


La rentrée noire de Dexia
La banque franco-belge n'a pas nécessairement péché par une gestion déraisonnable à souhait. Ce qui a surtout plombé Dexia, c'est sa participation dans le capital de l'assureur américain FSA (qui était, soit dit en passant, une filiale du Crédit local de France et donc une situation héritée). Filiale très exposée aux produits toxiques des subprimes.



 



Sachant ceci, on comprend facilement l'effet domino.
Les difficultés provoquées par les crédits pourris au sein de FSA, ont provoqué une chute de 32% du bénéfice de Dexia au second trimestre 2008. Pas très réjouissant...

En outre, Dexia se finance, entre autres, sur les marchés financiers en empruntant de l'argent aux autres banques. Or, il est désormais clair que les banques sont très frileuses à se prêter plus d'argent. Le manque de confiance agissant ici aussi, une fois de plus, en tant que moteur.

La défiance a ensuite été accentuée, fin septembre, par une rumeur d'augmentation de capital, ce qui laissait croire que l'institution était en mal de liquidité. S'en est suivi une chute de l'action Dexia. Chute propice à faire paniquer les investisseurs...

Les gouvernements belge, français et luxembourgeois ont donc été contraints de recapitaliser la banque à hauteur de 6,4 milliards d'euros. Une recapitalisation ou augmentation de capital signifiant l'émission de nouvelles actions. Ces nouvelles actions ont donc, dans ce cas-ci, été achetées par la France et la Belgique (le gouvernement luxembourgeois a, quant à lui, souscrit à une émission d'obligations convertibles en actions). 
Cette décision avait pour but de rétablir un sentiment de sécurité et de stabilité des systèmes financiers.

Ainsi, à la suite de cette augmentation de capital, l'actionnariat de Dexia se présente, entre autres, comme suit:

Etat fédéral belge, via Société de Participations et d'Investissement: 5,7%
Region flamande, via Vlaams Toekomstfonds: 2,9%
Région wallonne, via
FIWAPAC:
2,0%
Région de Bruxelles-Capitale: 0,9%
Holding Communal: 14,0%

Etat français, via
Société de Prise de Participation de l’Etat:
5,7%
Caisse des Dépôts et Consignations (considérée comme le "bras financier" de l'Etat français): 17,6%.


Des mesures ont par ailleurs été prises par la banque afin de limiter son exposition à la ligne d'activité "Financial products" de FSA.

Enfin, dans son communiqué de presse du 30 septembre 2008, Dexia précise que
"Cette injection de capital, pour un montant de EUR 6,4 milliards permettra à Dexia de rester parmi les banques les mieux capitalisées d’Europe, même en tenant compte des possibles impacts négatifs résultant:
- d’une volatilité sans précédent du marché, pouvant avoir un impact sur les titres valorisés à valeur de marché et sur les actifs pondérés;
- d’une détérioration générale de la solvabilité de certaines contreparties bancaires;
- de nouvelles réductions de valeur sur les portefeuilles d’actions;
- d’une nouvelle détérioration du portefeuille d’Assurance et du portefeuille Financial Products de FSA."


Bref, c'est pas nécessairement gagné...


A suivre... 
(Crédit photo: dexia.com)

par NoBlush publié dans : la tectonique des plaques
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Jeudi 2 octobre 2008

On continue sur la série de la crise financière...

Les banques ont donc revendu des crédits pourris à d'autres banques.
Pour ce faire, elles ont fabriqué des produits de plus en plus complexes (grâce notamment à la technique de titrisation*).
Le tout a généré de juteuses commissions, certes, mais a également fait prendre aux banques des risques énormes: l'équivalent de gros fonds d'investissements ont été créés, avec peu de capital et beaucoup d'endettement, pour absorber ces titres. Le beurre et l'argent du beurre...


Mais que fait la police
Jusqu'en novembre 1999, aux Etats-Unis, l'interaction entre les banques d'affaires et les banques de dépôt où dorment nos deniers était interdite et ce, depuis 1933. Ce cloisonnement rendait incompatibles les métiers de banque commerciale (par exemple: Fortis) et de banque d'affaires (par exemple: Lehman Brothers). En gros, les banques ne pouvaient utiliser les capitaux du public pour financer leurs activités boursières.
La loi américaine a été abrogée, en vue de moderniser les services financiers.
La mesure semblait d'autant plus logique que depuis lors il existe des gendarmes des différentes Bourse (la SEC à Wall Sreet, la CBFA en Belgique, l'AMF en France, le Bafin en Allemagne, le FSA en Grande-Bretagne) censés contrôler les marchés financiers et les opérations financières. Les banques centrales contrôlent, quant à elles, dans certains pays (pas en Belgique, c'est la CBFA, mais c'est le cas de la Fed et de la Banque de France), le bon fonctionnement des banques au niveau de leur solvabilité.



Les banques centrales ont donc injecté des liquidités en masse, en échange de dépôts de titres.
Elles ont, en plus, assoupli les garanties qu'elles exigent pour prêter de l'argent aux institutions financières.
Deux stratégies pour éviter une paralysie du marché monétaire qui mettrait en danger le système bancaire et donc l'économie.
En effet, vu que les professionnels se sont ingéniés à trouver des niches de rentabilité dans les secteurs où la réglementation était moins stricte (des failles), les banques centrales n'ont guère pu agir que de façon désarticulée: la crise financière s'est aggravée de manière dramatique et imprévisible.
Elles tentent donc d'éteindre le feu.
Après, il semble évident que le système de contrôle des banques devra être repensé.

A suivre...
(Crédit photo: commerceinternational.c.o.pic.centerblog.net)



* Il s'agit de porter en titre des créances (les emprunts immobiliers). Dans ce cas, les titres ont été créés afin de pouvoir les échanger sur les marchés interbancaires. 

par NoBlush publié dans : la tectonique des plaques
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Il fera bô demain

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